Il y a peu, j’ai eu la chance de rencontrer Julie Alatrach après la publication de son excellent article « Pourquoi j’ai quitté les agences de e-learning« , publié le 9 février 2020. Nous avons longuement échangé sur nos visions respectives du digital learning et des conséquences de l’ingénierie pédagogique telle que nous la pratiquons aujourd’hui en entreprise.

Pour résumer, le constat qu’elle dresse dans son article est le suivant :

  • La production actuelle de e-learning accorde plus d’importance au contenu (au QUOI) et au graphisme des modules (au COMMENT) qu’aux ambitions (au POURQUOI) que l’on souhaite donner aux actions de formations.
  • Les contraintes évoquées sont nombreuses pour les équipes d’ingénierie de formation : l’accès aux apprenants est rare durant le projet, la technologie est souvent l’angle d’expression des besoins, les agences doivent livrer, livrer et .. livrer !

Pourquoi ne pas repenser la façon dont nous créons nos formations ?

On ne le répétera jamais assez : notre monde bouge vite et les évolutions sont chaque jour plus nombreuses. 

 Le numérique est seulement la partie visible de l’iceberg. Mais le public a lui aussi profondément évolué : les apprenants ne veulent plus être passifs et anonymes. Ils attendent des formations de plus en plus personnalisées et des expériences d’apprentissage globales leur permettant d’être actifs et pourquoi pas, de produire leurs propres contenus.

E-learning, réalité virtuelle, MOOC, mobile learning, AFEST (Action de Formation en Situation de Travail), onboarding créatif, escape game… sont autant de modalités et dispositifs que nous avons inventés au cours des dernières années pour nous adapter et satisfaire nos apprenants.

 Mais sont-ils (auto) suffisants pour être efficaces ? Pour développer la participation ? Pour innover et pour proposer des expériences aux apprenants ? 

Le design thinking est la réponse que j’ai trouvée pour repenser l’ingénierie de formation. 

Tout d’abord parce que c’est une démarche centrée sur les utilisateurs (pour nous, apprenants). Ceux-ci sont le point de départ de toute conception.

 Ensuite, parce que les outils du design thinking permettent à l’équipe projet de mieux définir le besoin. En se représentant mieux les personnes ; leur environnement, leurs attentes, leur contraintes, l’équipe de conception est susceptible de designer des solutions de formation réellement adaptées et innovantes.

 De plus, le design thinking permet de penser et dessiner une expérience d’apprentissage globale et de lier plus naturellement les wagons entre toutes les composantes d’un dispositif : les modules e-learning, de mobile e-learning, les ateliers présentiels, l’escape game, etc.

Répondre à la fois à la stratégie de l’organisation et aux besoins des apprenants est possible

La démarche du design thinking comprend 4 étapes :

1.    Inspiration : Partir d’une problématique de l’entreprise pour ensuite observer en contexte et interviewer les futurs apprenants pour comprendre leurs besoins, attentes, contraintes, culture et l’environnement du problème

2.    Idéation : analyser les données recueillies, proposer des idées pédagogiques en groupe sous forme de brainstorming et retenir la meilleure 

3.    Prototypage : construire le prototype du parcours (digital, blended), le tester sur les apprenants, l’améliorer puis le tester à nouveau

4.    Implémentation : Déployer la solution à grande échelle, prendre les retours des utilisateurs, améliorer le dispositif de formation

 Le ou la consultante n’aura alors qu’à adapter le volume de workshops sur chacune des 4 étapes avec son client et créer une feuille de route sur-mesure pour mettre en œuvre le projet de formation.

Les bienfaits du design thinking résident dans la multitude d’outils très simples et sympa à utiliser, qui boostent l’intelligence collective pour produire les formations et les expériences d’apprentissage générant un réel d’impact, autant pour l’organisation que pour les apprenants.

En espérant que cet article aura éveillé votre curiosité…N’hésitez pas à le partager !